Ho’oponopono – Le pouvoir du pardon

Christina Vior, 2021

« Le monde se tournera vers Hawaï en sa quête pour la paix parce que Hawaï tient la clé. Cette clé est Aloha. »
Cette prédiction de Pilahi Paki s’accomplit à la fin des années 2000 quand Ho’oponopono devient très populaire en Europe suite à la publication du livre « Zéro Limite » de Joe Vitale et Dr. Ihaleakala Hew Len.

Cette méthode de pardon et de réconciliation, profondément enracinée dans la culture hawaïenne,  a fait le tour du monde grâce à la Kahuna (maître) Morrnah Nalamaku Simeona. Elle anime des conférences et ateliers à l’ONU et dans plus de 14 pays dont l’Allemagne, la France, le Japon, la Russie, ainsi que dans certaines universités. Pour ce travail, elle est, en 1983,  honorée du titre de « Living Treasure of Hawai’i » (trésor vivant de Hawaï).

Qu’est-ce qu’est alors le Ho’oponopono ?

La Kahuna Roselle Keli’ihonipua Bailey donne la traduction suivante, étudiant le sens caché derrière chaque syllabe :

HO veut dire « déclencher ; H témoigne d’un mouvement de l’intérieur, intuitif ;’ l’apostrophe accentue ce qui suit ; O est la fondation, c’est à dire nos valeurs ; P exprime l’idée de toucher ; N signifie projeter ; PONO, veut dire juste, sincère, bien à sa place ; le double PONOPONO peut être traduit par faire revivre, rectifier. En une phrase : Déclencher  nos valeurs en nous, les toucher, les projeter, rectifier ce qui est juste et puis les remettre à leur place.

Quelque soit notre origine, nous avons des valeurs individuelles et des valeurs que nous partageons avec un groupe social. Plus importantes encore sont les valeurs en lien avec nos racines ethniques ; ce n’est pas le passeport qui nous donne des valeurs. C’est pourquoi, lors d’une séance de Ho’oponopono appliquée hors contexte hawaïen, on découvre les valeurs de chaque membre d’un groupe mixte qui ne partage pas la même origine.

Dans la tradition des anciens hawaïens, le soir, toute la famille se réunit pour discuter les événements de la journée. Cette pratique permet d’harmoniser et rectifier les moindres malentendus, disputes ou comportements ayant causés du tort. Pas question de se coucher en étant en colère ou triste. La famille est un système dont les membres sont interconnectés sur le plan physique et spirituel. Si une ou plusieurs personnes font du mal à une autre, tout le monde est impacté, même ceux qui n’étaient pas directement impliqués. Par conséquent, le soir lors des réunions familiales, tout le monde s’exprime. À Hawaï, à ce jour, le système familial ne se limite pas aux membres nés dans la famille, mais comprend toutes les personnes appartenant au foyer.

Les hawaïens savaient qu’un conflit entre 2 personnes perturbe la paix, cruciale à la survie de leur système. Se faire confiance les uns les autres est un prérequis pour la survie. Risquer qu’un membre de la famille devienne dysfonctionnel n’est donc pas une option. D’où l’intérêt de se parler en tout honnêteté, parler des blessures, des émotions, des attentes et rectifier les torts.

En général, chaque membre adresse sa parole au sénior, homme ou femme, de la famille pour éviter que le conflit ne s’envenime. Le ou la chef a non seulement l’autorité naturelle mais aussi le rôle de médiateur. La séance commence par une prière, une invocation de la divinité suivie par la discussion. À la fin de cette discussion, une confession est requise de la part de la personne impliquée. Elle reconnaît alors son rôle dans le conflit et le mal fait aux autres. Cette reconnaissance est suivie d’une demande de pardon. Afin de libérer le conflit, la personne blessée ne peut échapper cette étape. En effet, ne pas pardonner a pour conséquence d’être exclu de la famille. Enfin, la séance se termine par une prière de clôture ; il est bien entendu interdit de continuer à commenter le sujet de la séance puisqu’il est considéré rectifié. Le processus est terminé par le dîner.

Le but de Ho’oponopono est de se libérer du bagage du passé afin d’être libre d’avancer dans sa vie. Un bagage lourd nous fait du mal et nous retient. Avoir de la rancune, ne pas lâcher-prise ou avoir le cœur fermé, sont des phénomènes propre à notre société occidentale. C’est pourquoi notre société a du mal à avancer. Une grande majorité de la population s’est coupée de sa vraie nature – notre connexion divine avec tout ce qui est. Oublier que le divin est intrinsèquement lié à notre nature, c’est se mettre dos à soi et de tourner en rond.

Morrnah Simeona nous rappelle : « Si nous pouvons accepter que nous sommes la somme totale de toutes les pensées, émotions, paroles, et actions, et que nos vies et choix actuels sont colorés par le banc de mémoires du passé, nous pouvons, par conséquent, commencer à voir comment un processus de correction, ou de mise en ordre, peut changer nos vies, nos familles, et notre société. »

Pour cela, il faut se connecter à la Source. C’est un lien gratuit et très puissant. Morrnah Simeona nous a laissé comme héritage une version spirituelle de Ho’oponopono. Dans cette version, nous n’avons plus besoin de réunir toutes les personnes avec lesquelles nous sommes en conflit. Et même si nous ne sommes pas en conflit, cette méthode se prête aussi au nettoyage et à la purification de futures relations, épurant tout l’imbroglio karmique en amont des rencontres.

Étant tous connectés les uns avec les autres, nous pouvons tout résoudre en passant par nous-même, à l’intérieur de nous en coopération avec le divin. Ce processus est non-dogmatique et non-religieux bien qu’il incluse une invocation à la force divine en nous.

La version spirituelle encore plus réduite, créé par Dr. Ihaleakala Hew Len, élève de Morrnah, devient la plus connue en Europe. En dehors des îles hawaïennes, la méthode d’origine est peu connue, que ce soit la discussion en groupe ou le processus de réconciliation qui passe en soi-même par les « Trois Sois » expliqué dans le chapitre « Hūnā ». La méthode de Len se compose de quatre phrases :

Je suis désolé(e)
Pardonne-moi
Je t’aime
Merci

Vous vous demandez peut-être comment on peut s’excuser lorsqu’on se sent victime ? La réponse se trouve en dehors du regard physique et de l’égo. C’est une affaire d’âme à âme :

Je suis désolée de te juger pour qui tu es. Dans un monde dualiste, le mal et le bien ne peuvent pas exister sans l’autre. C’est ainsi que le monde physique fonctionne. Nous n’avons pas le droit de juger parce que tout est relatif ; tout est une question de valeurs. Pas de problème à ne pas être d’accord avec quelqu’un, mais acceptons le chemin que son âme a choisi.

Pardonne-moi d’avoir pensé que toi et moi sommes moindre que le vrai amour. Je reconnais, que cet événement est ma création. Il faut comprendre que nous sommes tous unis. Sachons que dès qu’un acte ou une remarque nous perturbe, il s’agit d’un signe. Cette réaction évoque que nous sommes vraisemblablement, à un moment ou un autre depuis notre existence, passé par là. Pardonne-moi pour toutes les fois où j’ai fait comme toi. Pardonne-moi que cette énergie vibre toujours quelque part en moi. Je permets à cette énergie de persister en moi.

Je t’aime, j’aime la partie de toi qui est connecté à moi dans ce grand réseau de l’existence.

Merci de me donner cette opportunité de changer mon regard.

Morrnah Simeona nous rappelle que nous sommes des créateurs de notre vie puisque tout pouvoir vient de l’intérieur :

 

JE suis le JE
JE viens du vide vers la lumière,
JE suis le souffle qui nourrit la vie,
JE suis ce vide, ce néant au delà de toute conscience,
Le JE, le MOI, le TOUT.
JE tends mon arc-en-ciel au dessus des eaux,
La continuité de l’esprit avec la matière.
JE suis le souffle qui entre et qui sort,
Le souffle invisible et intouchable,
L’atome indéfinissable de la création.
JE suis le JE.

(Source : Morrnah Simeona, www.hooponopono.org)

Christina Vior

Le parcours de Christina Vior est riche de 30 années d’études intensives et de pratiques de Huna de Hawaï, de chamanisme, de taoïsme avec le Feng Shui, et de géobiologie. Elles a passé 30 ans en tant que cadre dans le monde des entreprises internationales (UPS, BASF, Airbus). Elle donne des conférences et anime des ateliers sur la thématique de l’humanité spirituelle.